Musique

 

Ce moment est parfait.

Les cigales laissent lentement la place aux grillons, le soleil disparait sous la mer, le monde est immobile et le bleu infini s’étend à mes pieds.
 Les pierres de la terrasse sont encore tièdes, l’odeur du pesto se mêle à l’odeur sèche de la garrigue, et à celle de mes cheveux mouillés.

Ce moment est parfait.

Les lumières s’allument puis vacillent dans le village en bas, la rumeur assourdie qui s’en élève ne rend que plus paisible la montagne qui nous enveloppe. Les étoiles aussi s’allument et me chuchotent à l’oreille (que ce moment est parfait).

 

Restent le goût iodé puis sucré des langoustines crues, et celui du sel sur sa peau. Restent la brûlure des galets sous mes pieds, et celle dans ma poitrine quand les marches se succèdent. Restent la couleur des façades dans la lumière de la fin d’après-midi, et une fleur de bougainvillier, séchée, dans mon carnet de chèque.

Restent la légèreté de mon corps dans l’eau après une longue marche, et la chair de poule sur mes bras.

Reste la lumière.

Restent
les
c            a                r                e                s                 s                 e               s.

 


Et pendant que les instants défilent derrière mes paupières closes, quand s’enfuient par la fenêtre de la voiture les derniers instants d’Italie, je sens que je laisse une toute petite partie de moi ici.